Football : Badji FC (D3) humilie LOZOSPORT (D1) 3-0

Un séisme ne prévient jamais : mardi, la hiérarchie du football gabonais n’a pas été respectée. Ce 24 février 2026, au stade synthétique de Nzeng-Ayong dans le 6e arrondissement de Libreville, l’impensable s’est produit lors d’un match amical : Badji FC, pensionnaire de troisième division, a sèchement battu l’AS LOZOSPORT, club de National Foot 1, sur le score sans appel de 3-0.
Ce qui devait être un simple match amical s’est transformé en véritable leçon de réalisme et d’engagement. Le “petit poucet” n’a pas seulement gagné ; il a dominé, maîtrisé, imposé son tempo. En face, LOZOSPORT a semblé subir, errer, presque s’excuser d’être là.

Mais au-delà du résultat, une question brûle : que révèle vraiment cette défaite ?
LOZOSPORT : une D1 en manque de rythme ?

La saison dernière, LOZOSPORT a terminé à la 11e place, à un rang de la relégation. On aurait donc pu s’attendre à une reprise ambitieuse, presque revancharde. Cependant, le contenu proposé face à Badji FC interpelle.
Les hommes du coach Matheus n’ont jamais su imposer leur rythme. Pire encore, ils ont laissé l’initiative à une équipe pourtant issue d’une division inférieure. Trop d’espaces, trop d’hésitations, pas assez d’impact. À ce niveau, cela ne pardonne pas.
Certes, la préparation n’a débuté que dès janvier 2026, comme la majorité des clubs de D1. Mais est-ce une excuse ? Ou plutôt le symptôme d’un mal plus profond : un manque d’anticipation et de professionnalisme structurel ?
Car enfin, lorsqu’un club de D1 paraît physiquement et tactiquement en retard face à une D3, ce n’est plus un accident. C’est un signal.
Badji FC : petit nom, grande ambition

Pendant que LOZOSPORT tâtonnait, Badji FC récitait sa partition. Solide défensivement, tranchant en transition, clinique devant le but.
Leader de la poule A de troisième division de l’Estuaire après 5 journées, Badji FC confirme qu’il ne surfe pas sur un simple enthousiasme. C’est une équipe structurée, ambitieuse, sérieuse candidate à la montée en D2.
Et paradoxalement, cette victoire pose une autre question : le fossé entre la D1 et les divisions inférieures est-il réellement aussi large qu’on le prétend ?
Si l’élite gabonaise peut être bousculée, dominée, voire corrigée par un club de D3, alors la hiérarchie mérite d’être interrogée.
Une image écornée, un avertissement clair
En définitive, ce 3-0 dépasse le cadre d’un match de préparation. Il renvoie une image troublante du National Foot 1. Une élite qui peine à rassurer. Une élite qui doute. Affirmer aujourd’hui que LOZOSPORT peut viser le haut du classement serait, au vu de cette prestation, audacieux, voire prématuré.
Le football reste un sport de vérité. Et mardi, à Nzeng-Ayong, la vérité était cruelle :
le petit a grandi, le grand a vacillé. Reste à savoir si LOZOSPORT saura transformer cette gifle en électrochoc ou si elle ne sera que le premier avertissement d’une saison sous tension.



